CONCERT : Heymoonshaker – Joe Bel (première partie)

Project description

Heymoonshaker et Joe Bel occupent une belle place dans mes playlists. Alors, en rentrant du concert de ces artistes, j’ai besoin de m’exprimer.
En avril, des problèmes de santé m’avaient empêchée de me rendre au concert d’Heymoonshaker au Ninkasi Kao à Lyon.
Alors quand ma moitié constate qu’une date est prévue à Annonay, le 1er octobre, on n’hésite pas une seconde.

Nous voilà parties pour la salle de spectacle La Presqu’île à Annonay, commune ardéchoise située à une heure de route de Lyon. Je suis ravie car je sais que la scène sera intimiste et cela fait partie de mes critères de choix pour les concerts. Habituée et lassée des grandes scènes lyonnaises parfois déshumanisées, je recherche davantage d’authenticité. Et je vous assure que quand on goûte à cette proximité avec les artistes, il est très difficile de s’en passer. Je redécouvre l’essence de la scène musicale. C’est un privilège d’être témoin de cette intimité artistique qui manque fatalement aux grandes scènes. Alors, depuis quelques temps, je consulte très régulièrement les programmations de ces scènes, dans la région. Croyez-moi, cela vaut le détour. La programmation est riche et vous redécouvrirez l’authenticité de la musique offerte par les artistes.

Nous arrivons devant la salle où nous trouvons facilement une place.
Nous avions contacté la salle au dernier moment pour savoir s’il était possible de faire des photos. On nous avait demandé de voir avec Hélène à notre arrivée. L’accueil est chaleureux et sympathique et je suis autorisée à prendre des photos pour la première partie et les trois premières chansons pour Heymoonshaker. Je vous livre donc mon ressenti accompagné de photos.

Joe Bel

J’ai découvert Joe Bel en 2015 avec son EP Hit the roads. J’apprécie sa voix douce et soul. Bien plus, sa voix exprime un supplément d’âme, une rondeur charnelle, du tempérament. Alors, je tombe sous le charme. J’écoute les quatre titres. Ça y est je suis amoureuse de sa voix, des textes et des rythmes folk. Je suis toujours très attachée au sens du rythme. Et là, j’apprécie particulièrement.

Je découvre plus tard qu’elle est originaire de Lyon, qu’elle écrit ses textes et la musique et qu’elle a quitté ses études d’histoire de l’art et de littérature pour s’exprimer musicalement. Je ne pouvais pas douter de part la qualité des titres, ses doutes à légitimer son aventure musicale. Mais, je pouvais ressentir une certaine sensibilité qui pour moi caractérise les artistes authentiques. Alors Joe Bel, mes oreilles vous remercient vivement d’avoir fait ce choix.
Cette artiste complète a également eu l’occasion d’exprimer ses talents d’actrice dans le film Tout pour être heureux.

Le concert commence. Je retrouve sur scène son authenticité, sa douceur et sa timidité. Elle exprime avec humilité ses talents.
La société de masse attend de ses sympathisants une insipide constance et une assurance sophistiquée. Par absence de jugement propre, certains attendent donc des artistes une performance lisse, constante et assurée, en mode super-héros sans émotion. J’exècre cela. Alors la sincérité de Joe Bel me charme.
Joe Bel est pleine de contraste. Son talent contraste avec sa timidité. Sa crinière de feu et sa plastique contrastent avec sa fragilité. Elle nous livre sur scène sa féminité pudique, non sophistiquée.
Elle est accompagnée de Benoît Richou à la guitare. Leur douce complicité, leurs regards bienveillants et tendres sont un bonheur à partager.

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Heymoonshaker

Heymoonshaker, c’est un duo de beatbox blues, une combinaison inédite et harmonieuse du blues viscéral d’Andy Balcon (voix et guitare) et des rythmes incroyables, à peine humains, de Dave Crowe (beatboxer). Heymoonshaker, c’est la rencontre évidente de deux artistes surdoués qui, ensemble forment un ovni musical brillant.
Voilà, pour une présentation formelle qui est loin d’être à la hauteur de ce duo détonnant. En effet, il est difficile de mettre dans une case musicale notre paire non-conventionnelle. Eh, c’est tant mieux !

On oppose le cinéma d’auteur au cinéma de genres. J’aime appliquer cette présentation à la musique. Je ne m’arrête pas à un genre mais je recherche de « la musique d’auteur ». Une musique qui n’est pas faite pour répondre aux critères d’un cadre qu’on lui a donné mais une musique écrite par des musiciens pour exprimer leur ressenti. Pas de classification inutile.
J’ai découvert Heymoonshaker avec le titre Take the reins, en 2015. Je suffoquais dans un univers protocolaire et matériel. Alors, à la première écoute, j’ai pris une immense claque. Chacune de mes cellules déchiffre le sens des notes et des mots. Les clameurs rauques d’Andy me libèrent. Elles sont un appel, une sommation bienveillante à refuser ce cadre oppressant.
Je continue l’écoute de l’album Noir. Coup de cœur énorme pour ces artistes.

Je suis donc très impatiente de les voir sur scène. Je n’ai pas été déçue. J’ai même été surprise. Ils m’ont fait sortir de ma zone de confort et j’aime ça.
Résultat, je suis encore plus charmée.
J’ai ressenti beaucoup d’émotions, que je vais tenter d’organiser:

Heymoonshaker, un cadeau pour la rétine
Heymoonshaker, c’est de la musique évidemment, mais c’est aussi une prestation esthétique.

La photo de l’album Noir est très esthétique et me parle beaucoup. L’union inattendue de ces deux corps masculins est sombre, puissante, douce et complice. Alors que la cinétique semble les déchirer, ils sont unis. Leur mouvement et leur expression faciale sont divergents mais ils sont indissociables. Ils sont beaux et harmonieux ensemble. Les croquis traduisent l’aspect viscéral de leur art. Heymoonshaker, cela vous prend aux tripes.

L’esthétique et l’univers de l’album Noir me conduisent naturellement à vouloir photographier en Low Key ; des contrastes importants, une mise en lumière choisie, un rendu sombre mais lumineux. Je règle donc mon boîtier en fonction. Pour éviter la présence d’un bruit trop important, je m’autorise 800 iso maximums. Ma focale permet une ouverture maximale à 1.8, ce qui me permet de conserver une vitesse d’obturation correcte pour un concert. J’applique une correction d’exposition à -1IL et choisit le mode de mesure spot. Mon boîtier est prêt et moi je suis très impatiente de les découvrir sur scène.

Andy Balcon pénètre la scène et je prends mon premier uppercut esthétique. Quel bonheur d’être aux premières loges pour prendre des clichés.
Je suis quelque peu troublée par la beauté de ce corps élancé, presque féminin. Mon rythme cardiaque s’accélère. Quel premier tableau ! Les lumières sont parfaites et révèlent leur sens de l’esthétique.

Dave Crow met en mouvement son corps avec beaucoup de sens graphique. On en oublie toute la difficulté de l’exercice technique qu’il est en train d’accomplir.

Je suis troublée par la profondeur du regard d’Andy Balcon.

Quelle prestation scénique !

Je perçois de la féminité dans leur extrême virilité. Je sors de ma zone de confort sur l’image de la féminité. Ils sont intensément hommes mais me donnent une leçon de féminité.
Il n’est plus question non plus ici de classification de genre, de sexe ou d’orientation sexuelle et je les trouve beaux et terriblement sexy.
Et pour parler mode, je remercie les hommes de s’être mis aux jeans slims pour révéler l’élégante finesse et la longueur de leurs jambes masculines.

Heymoonshaker, le duo
Comme sur la couverture de leur album, je découvre un duo complice, harmonieux et aimant.

Ils ont chacun un profond respect mutuel pour le travail de l’autre. J’ai ressenti beaucoup d’amour.

Leur talent individuel fait de chacun un artiste à part entière mais ensemble ils forment le même artiste.

Notre œil, préconçu à l’image d’une société hétéronormée semble préférer la rencontre d’un homme et d’une femme. Mais je redécouvre l’évidence de l’union scénique de deux corps masculins. Encore une fois, Heymoonshaker renverse les codes. Et j’adore ça.

Heymoonshaker, de la puissance viscérale
Heymoonshaker, ce sont des artistes qui vous livrent leur intimité sans retenue. Ça vous prend aux tripes. Ça vous fait vibrer.
Je suis apaisée par leur animalité enveloppante.

Les chants écorchés d’Andy expriment sa rage tendre. Son coffre d’une puissance animale libère avec une énergie sauvage le tempérament de sa voix si particulière.

Dave, la boîte à rythmes humaine repousse les limites du possible de l’être humain. Je me demande d’où viennent les sons. Dave fait de cette prestation technique incroyable un véritable art.

Heymoonshaker, un duo généreux
Sueur, énergie, don de soi, regards complices. Vous ne serez pas déçus et vous repartirez plus riches de leur concert.
Vivre de la musique demande des sacrifices importants. On ressent tout leur amour de la scène et leur volonté de partager avec le public.

Heymoonshaker, une paire non-conformiste
Tout leur univers est non-conventionnel.
Dave nous a livré un très beau discours à cette image. J’étais très émue. Il nous a rappelé une chose élémentaire, hélas trop oubliée. Si vous vous réveillez le matin et que vous vous sentez libre, c’est que vous avez compris le sens profond du bonheur interne.
Mesdames et Messieurs, ils sont Heymoonshaker et cela renverse les normes poussiéreuses.
Quel bonheur !

Heymoonshaker, l’humour
Bourrés de talents, ils sont aussi pleins d’humour. Les interventions de Dave, dans un français parfait (nous saluons l’effort) nous donnent la banane.
Ils se permettent même un voyage en 1969, à un concert de Led Zeppelin et nous offrent une très belle reprise de Whole Lotta Love.
Nous rentrons d’Annonay, heureuses d’avoir vécu ces moments intenses.

Les photos en haute définition sont ici: https://www.flickr.com/photos/113839468@N06/albums/72157674663203086

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