Plaidoyer pour une meilleure compréhension de la souffrance au travail.

Plaidoyer
Plaidoyer pour une meilleure compréhension de la souffrance au travail.

Présentation du film Carole Matthieu de Louis-Julien Petit sur la souffrance au travail.

Ce film très bien mené m’a rappelée qu’en la matière, les opinions préconçues sont à l’origine d’incompréhension et de rejet.

Et vous l’aurez compris, il me tient particulièrement à cœur de dénoncer les préjugés, pour tenter d’avancer ensemble.

La souffrance au travail est un sujet délicat. Il est souvent représenté par son extrême, le burn-out, tristement entré dans notre langage commun. Il est accompagné d’un jugement sous-jacent ou patent de certaines personnes se croyant plus fortes que les autres. Les victimes de cet épuisement professionnel doivent donc gérer leur souffrance et affronter l’incompréhension de leur entourage et le regard parfois soupçonneux du monde extérieur.

Louis-Julien Petit, réalisateur engagé de la comédie sociale Discount, n’hésite pas à aborder ce sujet délicat. Il nous propose un thriller social, Carole Matthieu, l’adaptation du roman Les visages écrasés de Marie Ledun (récompensé par de nombreux prix).

Carole Matthieu, a d’abord été diffusé sur Arte le 20 novembre 2016 puis en salles à partir du 7 décembre.

C’est Isabelle Adjani qui habite le rôle de Carole Matthieu, médecin généraliste qui a souhaité donner plus de sens à son travail en devenant médecin du travail pour une entreprise. Aider les salariés en souffrance, voilà sa motivation quotidienne. On est plongé au cœur d’une entreprise, comme il en existe beaucoup, où les techniques de management vous donnent la gerbe.
Qu’elles soient insidieuses ou frontales, elles sont inhumaines et perverses.
Carole s’épuise et se perd dans cette quête jusqu’à commettre un acte irréversible qui changera forcément le cours de son existence.

Trois suicides dans l’entreprise vont susciter l’attention des médias et provoquer une enquête. On est plongé au cœur d’un thriller social, dont on connaît l’intrigue mais pas l’issue.

Le scénario nous permet d’apprécier le jeu, presque mutique d’Isabelle Adjani et de s’interroger sur le monde du travail. J’ai été ébahie par sa partenaire de jeu, Corinne Masiero (De Rouille et d’os, Les reines du ring, Discount, etc.) qui livre une performance brillante en directrice des ressources humaines antipathique mais vulnérable.

A mon sens, le film ne tombe pas dans la catégorisation des méchants patrons et des gentils salariés. La stigmatisation des employeurs ne conduit pas à assainir le monde du travail. Et le film est juste sur ce point.

C’est un film que je vous conseille.

Lutter contre les préjugés sur la souffrance au travail

Les personnes souffrant au travail sont souvent victimes de plusieurs idées reçues.
Bon déjà, évidemment, elles n’entrent pas dans le moule d’une standardisation opérée par la société. Etonnamment, à la différence de leurs concitoyens, elles ne s’épanouissent pas dans leur travail. Dans une société qui définit l’être humain par son C.V., c’est mal barré. Quand, à la rencontre d’une nouvelle personne, nous ne dégainerons plus à grande vitesse la question « que fais-tu dans la vie ? » un grand pas aura été franchi. Et peut-être préférerons-nous la question « qui es-tu ? »… Hélas, nous n’en sommes pas là. Et je reconnais que ce n’est pas évident. L’environnement dans lequel on a grandi ne nous a pas invité à identifier notre personnalité, nos besoins différents, nos spécificités. Plutôt que de cultiver nos individualités, on s’est fondu dans la masse. On a gentiment rejoint l’école supérieure que nos parents et enseignants avaient choisie pour nous. Tout cela n’incite pas à s’intéresser à autre chose que le travail de notre interlocuteur. De quoi pourrions-nous parler de toute manière ? De trop nombreuses personnes ne sont rien en dehors de leur boulot. Ils sont une fonction professionnelle, un métier. Quelle tristesse !

Alors quand on souffre au travail, c’est notre besoin de reconnaissance de l’extérieur qui s’envole. Soudainement, on a le sentiment d’être rejeté par une société qui nous courtisait pourtant.

Cette dévalorisation de soi sera parfois (très souvent en réalité) accompagnée de mécompréhension, remarques ou reproches des connaissances.

Certains penseront aider en bousculant. L’intention de la famille et des amis sera rarement malveillante mais parfois indélicate voire carrément inadaptée. La douceur et l’amour inconditionnel de certains d’entre eux seront réconfortants.

Les questions aiguisées de certaines connaissances ne laisseront pas de doute sur leur jugement. Incapable de résister à la pression, les victimes de burn-out sont parfois perçues comme des boulets du système.

La stigmatisation des victimes de souffrance au travail est une réalité qu’il ne faut pas dénier.

Cette réprobation sociale m’horripile mais je veux tenter de comprendre.

En réalité, la trêve salariale qu’impose son traitement renvoie le français lambda à beaucoup de ressentis.
Dans un système social solidaire, les indemnités sont partiellement prises en charge par la collectivité. Cela suffit, pour la plupart, à déclencher les hostilités. Ils se sentent amputés d’un membre quand ils découvrent à quoi servent leurs charges fiscales. Certains médias véhiculent allègrement cette animosité. La faille du système de notre économie est là, selon eux. Confortés par une presse irrécusable, ils pensent alors avoir identifié la complexité d’un système qui leur échappe évidemment totalement.
A aucun moment, ils ne se diront que c’est le système tel qu’il existe qui les a rendus malades. Un système qui détruit mais qui indemnise (en partie et temporairement). Si je faisais un raccourci, je crierai à l’hypocrisie.
Mais ça évidemment, ils n’y pensent pas.
Ils ne se diront pas non plus qu’il n’est pas normal de vouloir mourir à cause du travail. Ils ne penseront pas à votre vie détruite, au fait qu’on a volé votre innocence, votre bonheur, vos joies, bref votre âme.
Ils resteront obnubilés par l’argent. Au final, il n’y a bien que cela qui les intéresse.

Pour autant, je pense que nous avons besoin d’avancer ensemble. Réprouver sans comprendre est inutile. Alors, j’ai envie de me mettre à leur place.
Le poids des normes est considérable. Il n’est pas évident de remettre en cause l’ambiance sociale d’autant plus dans un environnement où l’ouverture d’esprit n’est pas un réflexe.
Certains sont davantage suiveurs qu’affranchis.
Ils recourent à des raccourcis de pensée parce que c’est le plus simple et le moins exigeant pour le cerveau.
Et à leur décharge, il n’est pas évident de comprendre le burn-out quand on ne l’a pas vécu ou que l’on ne s’y est pas intéressé.
Un dialogue pourra parfois désamorcer des bombes mais la communication n’est pas évidente. Epuisé et à bout, il est difficile de trouver la force d’exprimer son ressenti. Il est dommage de devoir s’affronter sans se comprendre. S’exprimer sur ses souffrances apporte parfois des soutiens inattendus.
Beaucoup ne parviendront pas à comprendre la longueur du traitement de ce type de pathologies. Il faut leur expliquer que les pathologies mentales sont bien plus longues à prendre en charge que les douleurs physiques.

Pourquoi le travail peut-il faire souffrir ?

Comment implose-t-on de l’intérieur ? La route vers la destruction est difficilement compréhensible pour une personne dont la santé mentale n’a jamais été atteinte. Hélas, cette descente aux enfers peut toucher les plus solides d’entre nous.
Le schéma fictif suivant décrit des traits généraux que l’on peut retrouver dans plusieurs dépressions liées à une souffrance au travail.

Yvan X, jeune ingénieur de 32 ans commence aujourd’hui dans sa nouvelle entreprise. Il est plein de bonnes volontés. Sa conscience professionnelle aigüe et ses ambitions le motivent à y construire de belles choses.
Les premiers mois se passent très bien. Yvan est apprécié au sein de l’entreprise.

Il accomplit un travail efficace et sérieux. Assez rapidement, la direction gonfle ses objectifs. C’est un bon élément. Il serait dommage de ne pas lui distribuer les dossiers épineux et complexes. Galvanisé par cette sollicitude, Yvan accélère le rythme pour continuer de rendre ses dossiers à temps.

Plusieurs fois par jour, son supérieur lui demande d’accélérer la cadence. Il ne demande que ça Yvan ! Mais les multiples sollicitations de ses supérieurs, collègues, partenaires financiers, par téléphone ou mails l’empêchent d’avancer. Il a trouvé la solution. Il restera le soir, lorsque le calme aura regagné l’entreprise.
Il cessera également de prendre une pause déjeuner. Après tout, cela ne lui fera pas de mal. Et il ne s’accorde plus qu’une fois par semaine, la pratique de son sport, pourtant vital pour la décompression. Ce n’est pas grave, c’est pour la bonne cause. Le travail passe avant tout cela.

Les objectifs deviennent inatteignables. Yvan en a conscience mais il est plus fort que cela. Il va démontrer ses compétences.

Malgré ses efforts, la pression devient plus importante et le ton de ses supérieurs a changé. Ils ne sont pas pleinement satisfaits. Ses 15 heures par jour de présence dans l’entreprise ne changent rien.

Yvan est convoqué par son employeur. Arrive le temps de l’infantilisation. Yvan a le sentiment d’avoir 8 ans et de ne pouvoir répondre à ce patriarche de l’Ancien Régime qui remet en cause ses capacités à tenir dans le monde du travail. « Vous n’avez pas les épaules mon garçon ! ».

Yvan commence à douter de ses compétences.

Un matin, une urgence médicale lui impose de se rendre à l’hôpital le plus proche. Il informe son employeur d’un retard mais qu’il le rattrapera, bien entendu. Le patriarche lui montre un dédain profond et lui rappelle son incapacité à s’adapter aux exigences du monde du travail.

Yvan culpabilise d’avoir ses problèmes de santé. Il reconnaît que cela nuit au fonctionnement de l’entreprise. Ses failles, dont il n’est pas responsable n’ont pas leur place au travail.

Yvan a perdu le sommeil. Il repense à la manière de perfectionner son travail aux fins de remplir ses objectifs. Il repense aux dizaines de partenaires financiers ou clients insatisfaits ou en attente. Au réveil, il passe une bonne demi-heure à vomir. Il doit désormais composer avec un mal de dos chronique et des céphalées invalidantes. Bien-sûr, il masque ces symptômes du stress. Ce serait honteux que de s’avouer tourmenté par le travail. Certains collègues parviennent à boucler les dossiers. Pourquoi pas lui.

Yvan ne fait plus de sport. Il ne voit plus ses proches. Il n’a plus d’envie.

De temps en temps, un mail positif de sa direction lui redonne confiance et suffisamment d’énergie pour le convaincre de persévérer dans ce travail.

Mais, Yvan a de plus en plus de mal à prendre les transports en commun pour se rendre au travail. Il ne comprend pas pourquoi, mais, il ne supporte plus d’être enfermé dans le métro à côté de tous ces zombies. Son cœur palpite, il cherche difficilement sa respiration. De jour en jour, ces symptômes s’intensifient.
Il s’arrête plusieurs fois sur le trajet à cause de malaises.
Quand il marche dans la rue, il se sent oppressé. Et il ne comprend pas pourquoi, sa voix est tremblante quand il demande un sandwich à la boulangerie du quartier.
Il ne peut plus marcher dans la rue.
Il angoisse à l’idée de croiser un voisin qui engagerait la conversation.

Un matin, il ne parvient pas à se lever. Ses jambes tremblent et il sent que quelque chose a changé. Il n’a plus la force. Il se sent prisonnier de ses idées ruminantes. Son cerveau fait des fixations et il n’en sort pas. Son cœur bat si vite. Il a peur que ça ne s’arrête pas. Il a peur que cette tachycardie déclenche un infarctus.
Les crises d’angoisse vont hélas s’enchaîner.
Il identifie que le travail est la cause de ses souffrances. Il souhaite quitter l’entreprise mais se sait incapable de se rendre à un entretien d’embauche. Croiser la voisine de palier est déjà extrêmement anxiogène, alors affronter un entretien de plusieurs dizaines de minute est insurmontable. Il n’a plus la force de partir. Il est à bout, épuisé, et n’a plus aucune estime. Il doit gérer ses crises d’angoisse destructrices et le regard incompris des autres.
L’avenir l’angoisse. Il ne sait pas comment il va tenir un jour de plus. Il survit en apnée.

Son ancien déni l’a conduit dans un embourbement dont il ne pourra pas sortir sans aide mais selon lui, ce n’est pas une solution. Il faut être plus fort que cela.
Une solution extrême et irréversible devient de plus en plus évidente. Elle lui évitera de demander de l’aide et d’affronter le regard et les jugements extérieurs.
L’option médecin du travail ou médecin généraliste est inenvisageable pour lui. Ce sont les profiteurs qui bénéficient d’arrêt maladie. Alors, il préfère se détruire.
Avant d’entrer dans l’entreprise, il avait connu des périodes difficiles, comme tout le monde, mais il s’était toujours battu. Il pestait contre les dépressifs. Et voilà qu’il est en plein dans une dépression. Tout s’effondre. Il n’a plus aucune certitude.

Dans le meilleur des cas, il acceptera après plusieurs mois ou années de se faire aider et il aura la chance de tomber sur un médecin qui saura identifier ses symptômes malgré son discours confus. Il faudra peut-être passer par une hospitalisation en psychiatrie, ce lieu qu’il considérait auparavant comme une prison pour aliénés. Il connaitra par cœur les effets et posologie du deroxat, de l’anafranil, du zoloft, de l’aprazolam, du lexomil, du tranxene, ou autre anti-dépresseurs et anxiolytiques en tous genres.
Il y rencontrera des personnes qui comme lui, ont souffert. Il rencontrera des thérapeutes qui au cours de plusieurs mois lui donneront les outils pour retrouver de l’estime et de la confiance. Rien ne sera plus jamais pareil mais il retrouvera certains plaisirs de la vie.

C’est un récit comme il en existe hélas trop.
J’ai pris le parti d’exposer une histoire où l’employeur n’a pas été irréprochable. Ce n’est évidemment pas toujours le cas. Un tel discours serait éminemment réducteur.
La souffrance est parfois plus délicate à identifier que celle décrite ci-dessus. Certains souffrent au travail malgré l’exercice d’un métier qui plaît, avec des supérieurs bienveillants. La souffrance au travail n’appartient pas qu’aux salariés victimes de manipulation. Il y a de nombreuses causes de souffrance au travail ; pression familiale, reproches et pression de la clientèle, qualité empêchée, augmentation des contraintes, injonctions contradictoires, harcèlement moral, harcèlement sexuel, misogynie, mise au placard, directives obscures, manipulations diverses, ignorance, etc. La chute peut être rapide ou s’étaler sur plusieurs années et concerner tous les secteurs d’activité.

L’essentiel est d’identifier la souffrance et de la traiter.

Et pour les personnes qui, bien qu’informées des causes du burn-out, continuent de dénigrer, j’ai un message.

Vous ne remporterez pas une médaille à vous croire plus fort que tout le monde.
A ceux qui continuent de penser que le burn-out n’est rien d’autre qu’un terme à la mode pour permettre aux branleurs de profiter des indemnités de la sécurité sociale, rappelons leur de garder leurs phrases toutes faites. « Il suffit de se mettre un coup de pied au cul » pensent-ils. Quelle crédulité que d’imaginer que s’il existe des établissements de santé mentale, c’est parce que tous ses petits habitants sont bien trop paresseux pour se remuer les miches. C’est vrai, c’est tellement chouette d’être cloîtré dans un bâtiment avec des personnes qui souffrent et des thérapeutes en blouse blanche comme compagnons. Le repas y est exquis, les promenades champêtres, les activités épanouissantes et les médocs prolixes. Non mais vraiment, vous y croyez ?! Tentez de réfléchir quelques secondes à autre chose que votre petit nombril, peut-être que vous vous rendrez compte de l’aberration de vos propos.
Ouvrez des livres ! Renseignez-vous ! Vous apprendrez que la dépression est une véritable maladie.

Qui est responsable ?

Remettre en cause les standards endoctrinés depuis l’enfance demande un effort intellectuel et du temps que le monde contemporain ne permet pas souvent.
On essaie tous de composer avec l’environnement qui nous a construit et ce n’est jamais simple.
Certains changent parce que la vie les accable. Ils prennent alors conscience que les valeurs humaines sont fondamentales. Il est triste qu’un tel revirement s’opère dans la douleur.

Quand je suis sortie du cinéma, après la séance de Carole Matthieu, j’ai eu envie d’écrire ma colère.
J’étais dans l’incompréhension.
A quel moment, est-ce que l’on a pété un câble ?
A quel moment, le monde est-il devenu si déshumanisé ?
Sommes-nous fondamentalement aussi mauvais ?

Le problème n’est pas cette catégorisation en gentils et méchants mais la manière dont notre société fonctionne. Et de ce côté là, tout le monde doit changer !

Comment avancer dans une société où les qualités humaines (empathie, gentillesse, amabilité, etc.) sont dénigrées et rattachées aux personnes faibles ?

Pourquoi partir de son entreprise à 18h est si mal vu ? Parce que vos collègues et employeurs retiendront que vous êtes un feignant qui privilégie son bien-être familial. Ah bon ? Mais, pourtant, vous avez parfaitement su vous organiser pour accomplir votre mission quotidienne !
Vous serez bien plus apprécié et valorisé au sein de l’entreprise, si vous clôturez votre journée à partir de 20H. Peu importe que vous arriviez bien plus tard que les autres le matin et que vous coupiez votre journée de copieuses pauses café. Vous voulez être un employé modèle ? Adoptez le présentéisme de surface !

Pourquoi les managers galvanisés par un pouvoir factice prennent du plaisir à vous détruire ? Pourquoi manager par la terreur ?Reproduisent-ils le schéma qu’on leur a appris, l’enseignement par la crainte et la compétition? Il faut dire que les prépas d’école de commerce où on vous colle des 2/20 (ce qui est déjà excellent !) font des dégâts.
Pourquoi l’enseignement français perpétue ce système d’apprentissage par la notation, la concurrence et la crainte?
On ne peut pas fonctionner ainsi ! L’être humain est inefficient à long terme sous la menace. Quand est-ce qu’on va le comprendre ?
Il y a pourtant des études nourries sur le sujet. Le système scandinave nous donne de jolis exemples de réussites scolaires dans un environnement beaucoup moins strict. Alors pourquoi ne change-t-on pas ?

C’est tout le système d’éducation (de la petite enfance aux études supérieures) et les méthodes de management qu’il faudrait revoir. Et ça, c’est compliqué!
Pour beaucoup, le système actuel fonctionne parfaitement. S’il est toujours en place, c’est bien qu’il fonctionne, non ? Bercés depuis l’enfance par une propension conservatrice et convaincus que le système français est le plus efficient, nos concitoyens refuseront l’idée même d’une réforme, sans en connaître le contenu.

On continue à croire que nous vivons dans un système évolué. Un système « développé » comme l’enseignaient nos manuels de géographie. On apprend depuis l’enfance que la France est le pays des lumières et que notre démocratie est belle, respectable et enviable. Un tel enseignement empêche beaucoup, aujourd’hui, d’appréhender tout autre système de fonctionnement comme viable.

Une société est évoluée quand elle contribue à créer une violence morale ?

Alors quoi, on vit avec des illusions ?

Allez, ouvrons les yeux ! La réalité nous attend.

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