Les lois naturelles de l’enfant – Céline Alvarez

Lecture

Pour accompagner cette rentrée scolaire, j’ai envie de partager avec vous mon expérience de la lecture des lois naturelles de l’enfant de Céline Alvarez et vous livrer un texte révélant une intimité heurtée que je ne peux dissimuler.

Présentation du livre "Les lois naturelles de l'enfant" de Céline Alvarez

C’est un livre que j’ai lu il y a plusieurs mois. Il fait partie de ces livres qui m’ont marquée. Je tenais à partager l’expérience de son enrichissement. Je n’avais pas eu le temps de le faire. L’occasion de la rentrée scolaire a ravivé cette envie.

Vous avez certainement entendu parler de Céline Alvarez. Certains d’entre vous ont peut-être déjà lu de nombreux ouvrages sur l’éducation positive.

Les avancées scientifiques sur l’étude du développement harmonieux de l’humain donnent des lois universelles d’apprentissage (les fameuses lois naturelles de l’enfant).

Céline Alvarez a souhaité les mettre en pratique et tester leur efficacité. Quoi de mieux pour cela que de passer le concours de l’éducation nationale ? Ce fut chose faite pour Céline Alvarez, pourtant linguiste de formation. Une fois le concours en poche, elle obtient du Ministère de l’éducation nationale, les conditions pour mettre en place cette méthode éducative à Gennevilliers, en Zone d’Education Prioritaire et Plan Violence, de 2011 à 2014.

Une éducation respectueuse du fonctionnement humain ? Cela paraît évident ! Pourtant, nous vivons dans une société qui n’a rien d’adaptée au comportement humain.

Et, le processus d’inadaptation commence déjà à l’école.

Je vous invite vraiment à lire son livre, « Les lois naturelles de l’enfant » et découvrir l’ensemble de sa démarche sur son site.

C’est très riche.

Mon ressenti sur cette lecture

L'article que je vous propose a pour but de présenter l’intérêt de la lecture du livre de Céline Alvarez et d’exprimer ma colère contre un système éducatif scandaleusement inadéquat.

Sa rigidité désuète balafre trop d’enfants.

D’un naturel timoré, docile et loyal comme un chien, j’enfouis pourtant une rage bien réelle.

Je ne connais que trop bien l’engrenage nocif d’un système éducatif inadapté contre lequel je suis très en colère.

Pourtant, j’ai suivi un parcours parfait, en apparence. Un simulacre de réussite scolaire comme la France sait si bien en construire.

Un automate satisfaisant parfaitement des velléités de performance et d’acharnement au travail. L’envers du décor c’est une réussite scolaire et universitaire parfaitement destructrice sur le plan personnel.

Lorsque le robot lâche parce qu’un écrou a fini par exploser, le système ne comprend pas. Il remplace et ne remet pas en cause son mode de fonctionnement.

Pour retrouver un semblant de bien-être, il faudra se battre pour chasser les stigmates de la domestication.

Alors faisons gagner de précieuses années à nos enfants et protégeons au maximum leurs lois naturelles.

C’est d’ailleurs l’ensemble du processus de domestication qui fait de certains de nous de jolies bombes à retardement, prêtes à remplir les lits inconfortables des établissements de santé mentale. Plutôt que de s’interroger sur les raisons d’une telle décompensation, la plupart préfèrent fermer les yeux et accuser la défaillance mentale.

C’est le système qui est défaillant.

La décompensation opérée est l’expression tardive organique d’une incompatibilité des règles imposées. C’est la brutale sortie tardive d’un moule inadapté.

Les ignorants pensent que la dépression n’est que l’expression d’un choix opéré par des personnes faibles d’esprit. Ceux là, ont quelques décennies de retard en matière scientifique.

Les plus assidus dans la volonté de se conformer aux standards, seront les plus vulnérables à la dépression, qui est la récompense que nous obtenons pour notre conformité.

L’évocation de ce processus de domestication est l’occasion de vous conseiller la lecture d’un livre que je suis en train de lire. Les quatre accords toltèques: la voie de la liberté personnelle, de Don Miguel Ruiz.

Le non, exprimé par l’enfant

Un « non » exprimé par un enfant, contre la rigidité des règles qu’on lui exprime est souvent identifié comme de la rébellion, de l’absence d’obéissance.

Pour sanctionner son irrévérence, on le punit et on lui dit qu’il est vilain.

La rigidité des règles de notre système éducatif est d’une violence insoupçonnée pour les enfants. Leur « non » est la saine expression de leur rejet de cette norme qui vient enfreindre leurs lois naturelles.

Je suis consciente que ce discours peut heurter certains parents. Certains peuvent le prendre comme un reproche éducatif. Il n’en est rien.

La plupart des parents mettent tout leur cœur à faire du mieux possible. Comprendre le fonctionnement d’un enfant n’est pas chose aisée.

La lecture du livre de Céline Alvarez m’a soulagée. Je n’y suis pas encore mais la maternité m’effraie. Et la lecture des lois naturelles de l’enfant m’a apportée beaucoup de réponses.

Notamment pour cela, il me semble qu’il est une lecture fondamentalement intéressante.

L’éducation est souvent un sujet difficile à aborder ou même à évoquer, en groupe ou au sein même d’un couple. On ne partage pas toujours la même vision. Et l’on voit parfois se développer des décalages entre tradition d’une éducation rustre et éducation positive, considérée par certains comme étant laxiste.

Lisez de la documentation scientifique sur les conséquences de la peur dans le développement neurologique d’un enfant. C’est dévastateur.

La perception de la critique

 Céline Alvarez évoque à ce sujet une lecture intéressante, celle de la CNV (la communication non violente). Un livre dont je vous parlerai dans un futur article tant il m’a été précieux.

Notre susceptibilité exacerbée ne fait pas toujours de nous de parfaits exemples de communication.

On prend assez vite des paroles pour un reproche. On se sent agressé et on se braque.

Pourtant, bien maîtriser les outils de la communication permet de se libérer et d’éviter la naissance de nombreux conflits.

Ce livre est libérateur. Foncez !

Pour ma part, je pense qu’il est plutôt rassurant de savoir qu’il y a des lois naturelles de l’enfant qui nous expliquent leur mode de fonctionnement et qui nous aident dans l’appréhension de leur éducation.

Les enfants ne devraient jamais être le prolongement de nos erreurs, de nos peurs et manquements. Leur précieuse unicité doit être préservée.

La science de l’éducation et du comportement humain évolue sans cesse et il y a des données qu’il est intéressant de connaître pour un développement harmonieux. Pourquoi s’en priver ?

L’éducation rigide

Nous sommes nombreux à avoir été confrontés à une éducation contraignante, rigide, stricte. On pense même que c’est la base de l’éducation. Après tout, on s’en est sorti, c’est bien que cela ne fait pas de mal ? On s’en est sorti, oui, mais à quel prix ?
Consommation d'anti-dépresseur, troubles anxieux divers, burn-out, souffrance au travail, faible estime de soi, absence de confiance, etc. Un adulte ayant souffert moralement dans son enfance aura un risque plus élevé de développer des troubles anxieux et dépressifs divers. De trop nombreux enfants souffrent parce que le système éducatif est inadapté et parce que nous continuons à composer avec des standards éducatifs désuets et néfastes.

Nous ignorons trop souvent l'extrême intelligence de nos enfants. Et par intelligence, n'entendez pas capacité à répéter des règles mathématiques ou linguistiques apprises à force de dureté et sévérité. La sagesse n'est pas l'intelligence. L'école ne met pas suffisamment en avant toutes les formes d'intelligence. Et beaucoup trop de corps de métiers sont encore dénigrés.

Qui n’a jamais traîné les pieds pour aller à l’école ?

Nous sommes nombreux à avoir connu l’angoisse du dimanche soir devant Stade 2. Pourtant, nous sommes câblés pour vivre avec autrui, de façon positive. Et les enfants débordent de curiosité et de soif d’apprendre.

Certains, reproduisent le schéma de la rigidité comme une sorte de vengeance malsaine projetée. Petite dédicace personnelle à certains enseignants, qui, galvanisés par la croyance en un pouvoir factice, se croient puissants en prenant du plaisir à écraser.

Certains pensent d’ailleurs bien faire en reproduisant ce schéma.

Avoir confiance en l’humanité

 Cette rigidité dans l’éducation n’a pas foi en l’humanité.

Par automatisme, elle encadre, comme si l’être humain avait nécessairement besoin d’être cadré pour ne pas finir dans les abysses de l’enfer. Cette vilaine croyance et cette absence de confiance en l’être humain ne motivent pas beaucoup.

Nous serions des délinquants en gestation, prêts à déraper à la première occasion.

Ne doutons pas de nos qualités humaines intrinsèques. Elles ne demandent qu’à être développées.

Malheureusement, le système actuel fonctionne à l’envers.

Il nous éloigne de nos qualités humaines et structurelles naturelles.

Notre bienveillance naturelle

Le témoignage de Céline Alvarez m’a redonnée espoir. Elle transmet son agréable étonnement face à la bienveillance naturelle des enfants, leur empathie, leur gentillesse, leur reliance.

C’est un livre qui m’a donnée beaucoup d’espoirs. C’est en cela que je souhaite le partager.

Conclusion 

Apprendre en étant assis à un bureau, ne pas respecter le cycle du corps, classifier les élèves en fonction de leur âge, sanctionner, noter, évaluer, encourager la « sagesse », etc.

Ces mécanismes sont inscrits dans le système de base de l’éducation. Et quand on n’y réfléchit pas spécialement, on ne soupçonne pas leurs méfaits.

Céline Alvarez bouscule ces codes. Et cela fait du bien !

Voici quelques clichés personnels, instants de l'enfance. Ces moments de partage sont si précieux.